Theatre du Chatelet

les coulisses du theatre

swaying pole

Ella Fiskum, l’alter ego danseuse de Kumuda (Paulina Pfeiffer), s’entraine à l’arrière scène sur le mât en mouvement (swaying pole) pour A Flowering Tree.

A l’occasion de la nouvelle production de A Flowering Tree, retour sur les précédentes œuvres de John Adams au Châtelet.

El Niño - La nativité, de John Adams
Création mondiale le 15 décembre 2000

El Niño : la naissance d’un titre.

    Les titres, si importants mais souvent si insaisissables, doivent être à la fois suffisamment précis pour incarner la signification d’une œuvre et suffisamment ambigus pour laisser la porte ouverte à des interprétations multiples.
    Quand j’ai commencé à composer cette œuvre, en 1999, mon titre de départ était
How Could This Happen ? (Comment cela a-t-il pu arriver ?). Cette phrase, traduite du latin « quomodo fiet istud », extraite de l’Antiphone de l’Avent du 24 décembre, me semblait exprimer d’une manière appropriée ma propre réaction devant le mystère de la naissance et le miracle de la Nativité. Mais au fil du temps, je me rendis compte que, en tant que titre, elle « n’allait pas bien », et constituait un problème pour plusieurs personnes. Quand l’œuvre commença à prendre forme, en particulier quand se précisa le rôle décisif des éléments hispaniques, El Niño (L’Enfant) devint un choix plus évident. J’aimais, en outre, la résonance qu’entretenait El Niño avec ces puissantes forces de la nature qui ont parcouru la planète ces dernières années. Le Christ était appelé « le grand vent » par les apôtres, ainsi El Niño figurait le même pouvoir de changer les vies et le monde qui nous entoure.
    Pour le public parisien – et uniquement pour les présentes représentations –, j’ai autorisé le Théâtre du Châtelet à ajouter le titre
La Nativité, pour souligner la nature festive et particulière de cette première mondiale.
John Adams
7 novembre 2000
Extrait du programme

Photos ©Marie-Noëlle Robert / Théâtre du Châtelet


Nos prochains #ThrowBackThursay
24 avril : Nixon in China
1er mai : I Was Looking at the Ceiling and Then I Saw the Sky

A quoi ressemble la journée d’un chanteur au Châtelet ?

Suivez le ténor David Curry passant des répétitions de la nouvelle production de l’opéra A Flowering Tree de John Adams à la dernière représentation d’Into the Woods de Stephen Sondheim !

Première partie : de l’arrivée le matin à l’échauffement


Textes et photos ©David Curry

See what it is like to spend the day with Théâtre du Châtelet actor David Curry as he juggles his day between rehearsals for the upcoming opera, A Flowering Tree, and performing at night in the most recent production, Into The Woods.

Part one : from morning to warm up


Texts & photos ©David Curry

 

A quoi ressemble la journée d’un chanteur au Châtelet ?

Suivez le ténor David Curry passant des répétitions de la nouvelle production de l’opéra A Flowering Tree de John Adams à la dernière représentation d’Into the Woods de Stephen Sondheim !

Seconde partie : de l’échauffement à la fin de la représentation


Textes et photos ©David Curry

See what it is like to spend the day with Théâtre du Châtelet actor David Curry as he juggles his day between rehearsals for the upcoming opera, A Flowering Tree, and performing at night in the most recent production, Into The Woods.

Part two : from warm up to the end of performance


Texts & photos ©David Curry

 

A Flowering Tree

Découvrez l’opéra de John Adams, crée en 2006, avant sa nouvelle production au Châtelet du 5 au 13 mai.

Photos de répétition de A Flowering Tree, notre nouvelle production de John Adams (5-13 mai).

Kumudha
    Paulina Pfeiffer (Norma)

Alter ego de Kumudha
    Ella Fiskum

Le Prince
    David Curry

Alter ego du Prince
    Sudesh Adhana

Le narrateur
    Franco Pomponi (Nixon in China, Sweeney Todd)

The King and I
18 représentations du 13 au 29 juin
Mise en scène de Lee Blakeley (déjà à l’œuvre cette saison sur Into the Woods).Avec Lambert Wilson (A Little Night Music, Candide) et Susan Graham (Les Troyens)
Après The Sound of Music et Carousel, le Châtelet propose un autre musical du plus célèbre duo de Broadway : Rodgers et Hammerstein !

The King and I

18 représentations du 13 au 29 juin

Mise en scène de Lee Blakeley (déjà à l’œuvre cette saison sur Into the Woods).
Avec Lambert Wilson (A Little Night Music, Candide) et Susan Graham (Les Troyens)

Après The Sound of Music et Carousel, le Châtelet propose un autre musical du plus célèbre duo de Broadway : Rodgers et Hammerstein !

Vishal Bhardwaj

À la fois réalisateur, écrivain, scénariste, producteur et compositeur, Vishal Bhardwaj naît à Bijnor, en 1965, dans l’État indien de l’Uttar Pradesh. Il grandit à Merrutt, puis fait ses études supérieures au Hindu College de Delhi. Recommandé par un ami au cinéaste Sampooran Singh Gulzar, il travaille avec lui sur des séries télévisées telles que The Jungle Book ou Gubbare, et compose la bande-son du film Maachis qui lui vaut, en 1996, le « Filmfare RD Burman Award », récompensant le meilleur nouveau talent musical de l’année.


Trois ans plus tard, la bande-son de Godmother lui permet d’obtenir le « Rajat Kamal Award » du meilleur directeur musical dans le cadre des « National Film Awards », récompense qu’il décroche à nouveau en 2011 avec Ishqyia (un film qu’il a lui-même réalisé). Parmi ses autres compositions pour le cinéma : Satya, Chachi 420, Kaminey, 7 Khoon Maaf


Son intérêt pour la réalisation s’éveille après une rétrospective consacrée au cinéaste polonais Krzysztof Kieslowki dans un festival au Kerala. Son premier film, Makdee, destiné aux enfants, reçoit un accueil très favorable. Il tourne ensuite Maqbool, d’après Macbeth, premier volet d’une trilogie inspirée par l’œuvre de Shakespeare, puis The Blue Umbrella (récompensé dans le cadre des « National Film Awards »). Suit Omkara, d’après Otello, qui remporte un grand succès international et lui vaut, pour la deuxième fois, d’être récompensé en tant que réalisateur dans le cadre des « National Film Awards ». Comme pour Maqbool, Vishal Bhardwaj en a écrit la musique, devenue très vite un véritable « hit ».


Il travaille en ce moment à la post-production de Haider, d’après Hamlet, qui viendra compléter la trilogie.

Films de Vishal Bhardwaj :

Matru Ki Bijlee Ka Mandola

The Blue Umbrella

A Flowering Tree : une exploration de nouveaux territoires

Conférence de Renaud Machart le 30 avril 2014 à 13h au Foyer (entrée libre).

A Flowering Tree, auquel John Adams travaille de décembre 2005 à septembre 2006, est une commande du Festival « New Crowned Hope » (dont Peter Sellars est le directeur artistique), organisé à Vienne à l’occasion du 250e anniversaire de la naissance de Wolfgang Amadeus Mozart. {…} “Le Mozart de La Flûte enchantée est le guide spirituel de cet opéra dont le thème est la magie de la transformation, à la fois physique et spirituelle (1).”
{…}
La relative abstraction et l’universalité du conte de la tradition orale indienne dont Sellars et Adams s’inspirent permettent de gagner de nouveaux territoires dramatiques. {…} On trouvera notamment dans l’écriture chorale de A Flowering Tree des traits communs avec certaines pièces en solmisation (2) écrites par les compositeurs au service des colonies jésuites en Amérique du Sud (3).
On y perçoit aussi deux autres sources référentielles connexes : la touffeur de la forêt amazonienne évoquée par les polyphonies « barbares » de Heitor Villa-Lobos dans ses deux pièces chorales écrites à Paris, Les Chôros {…} et les sons animaliers de Maurice Ravel dans son opéra L’Enfant et les sortilèges (1919-1925). Le tout signalé par des traits d’écriture expérimentés par les deux augustes confrères d’Adams : polyphonies rythmiques, interjections et onomatopées.
L’orchestre utilisé dans A Flowering Tree fait la part belle à de très nombreuses percussions et à des instruments aux sons scintillants (célesta, carillon, harpe, glockenspiel – l’instrument de La Flûte enchantée !), lesquels nimbent l’orchestre d’une aura tintinnabulante et exogène.
{…}
L’écriture vocale de A Flowering Tree est d’ailleurs assez accidentée : grands sauts et intervalles, renversements disjoints d’intervalles conjoints (la figure d’une seconde majeure est souvent déployée en un intervalle de neuvième). Mais très souvent, ces figures mélodiques capricantes sont en fait la résultante d’une gamme modale dont Adams ne s’échappe qu’au prix de quelques notes étrangères.

Texte à paraître en intégralité dans le programme de salle


Renaud Machart est musicologue, journaliste au Monde, chroniqueur à Opéra Magazine et producteur à France Musique. Spécialiste de la musique nord-américaine, il est l’auteur du premier ouvrage écrit sur la musique de John Adams, publié en 2004 par Actes Sud. Il a suivi, pour Le Monde de la musique, entre 1991 et 1994, et pour Le Monde, de 1994 à 2012, toutes les créations du compositeur américain. Il a également contribué au volume collectif en anglais The John Adams Reader, sous la direction de Thomas May (Amadeus Press, 2006).

(1) John Adams : Hallelujah Junction, Composing an American Life, Picador, 2009, p. 296.
(2) La solmisation, au sens anglo-saxon, consiste à chanter le nom des notes.
(3) On pense notamment au Sol-fa de Pedro, du Mexicain Manuel de Zumaya.